12 décembre 2006

Le livre de Robert Eftimakis sur l’abbé Lemire en Flandre sort cette semaine

Robert Eftimakis s'est lancé dans des recherches sur l'abbé Lemire depuis des années. En publiant un livre avec l’association Mémoire de l’abbé Lemire, qui sortira à la fin de la semaine, il a produit un ouvrage de plus de deux cent cinquante pages qui parle de l’abbé Lemire mais qui resitue aussi le contexte dans lequel il évoluait.

"Hazebrouck et sa région au temps de l’abbé Lemire, 1853-1928", par Robert Eftimakis. Prix : 16 E. Permanences tous les jours de la semaine prochaine (du 18/12 au 23/12/2006), de 14 h à 15 h, à la maison-musée de l’abbé Lemire, derrière l’église Saint-Éloi, pour les souscripteurs venant retirer leur ouvrage et pour ceux qui désirent l’acheter

16 octobre 2005

L'union autour de la tombe

Le 4 mars 1928, déjà souffrant, l'abbé Lemire préside sa dernière inauguration en tant que maire d'Hazebrouck. Les derniers mots de son discours prennent une résonnance particulière : "Marchant vers notre éternité, nous ne pouvons faire mieux que d'envoyer devant nous, dans cette direction mystérieuse, les bonnes actions et les bonnes oeuvres qui sont, dans l'autre monde comme dans celui-ci, la meilleure des recommandations." Il meurt le mercredi suivant, le 7 mars, et ses funérailles ont lieu le 13.

La ville entière est en deuil. Toute la population s'est massée, comme pétrifiée, sur le passage du cortège. Les rideaux des magasins sont baissés, les volets des maisons rabattus, les ateliers fermés, les machines arrêtées. Les drapeaux sont en berne.

Dans un silence recueilli, la foule, profondément émue, regarde passer le corbillard. La Flandre rassemblée forme un défilé interminable. Des plus hautes personnalités aux plus humbles, tous semblent unis par le même chagrin. Venus de toute la France, des homme politiques, des délégués du gouvernement témoignent par leur présence de leur tristesse. Deux anciens ministres tiennent les franges du voile funèbre.

Clémenceau, amical mais ironique, avait écrit à l'abbé Lemire, en juin 1913 : "Vous verrez comme on vous fera de belles funérailles !" A Notre-Dame, le 25 mars, lors d'un service solennel, le cardinal archevêque de Paris fit un éloge sans équivoque du grand disparu, et lui rendit hommage "d'avoir voué son sacerdoce et son action civique au peuple".

Dans les heures et les jours qui suivent son décès, des hommes politiques de tous bords, dépassant les clivages habituels, se retrouvent dans une émotion et un respect commun. Ses funérailles montrent combien, malgré tant de difficultés, l'abbé a fini par réaliser l'union et la réconciliation dont il avait tant rêvé... Il avait forcé déjà le respect et l'admiration - même de ses adversaires - et, un lendemain d'élections, on avait pu entendre un socialiste roubaisien, qui n'avait évidemment pas voté pour lui, s'écrier : "La journée a été bonne : l'abbé Lemire et Jules Guesde ont été réélus !"

Ainsi, jusque dans la mort, l'abbé Lemire continue l'enseignement de sa vie...

d'après "La charrue et l'étoile" de André DILIGENT

15 octobre 2005

Le piège déjoué

Cher Père,

Voilà bien longtemps que je ne t'ai parlé de notre bon abbé Lemire. Ce n'est pas faute de l'admirer. Et je l'admire d'autant plus que depuis quelques semaines, malgré tous les mauvais coups qui lui ont été portés, il n'a cessé de m'étonner. Aussi laisse-moi vite te raconter les péripéties de sa campgane électorale :

Dès qu'il a annoncé qu'il solliciterait le renouvellement de son mandat parlementaire, en octobre de l'année dernière, des protestations se sont à nouveau élevées, mais cette fois avec une violence accrue.

L'évêché tergiverse, puis fait savoir son opposition formelle à toute candidature. L'abbé répond simplement : "La cause de l'Eglise exige que quelqu'un fasse la preuve qu'on peut être catholique sincère et républicain fidèle, prêtre correct et citoyen complet... S'il faut faire cette preuve en souffrant, cette souffrance, si amère qu'on me la fasse, je l'accepterai."

Au tout début janvier de cette année, la polémique est portée sur la place publique. La hiérarchie s'en prend au journal de l'abbé, "Le Cri des Flandres", et menace son directeur de mesures canoniques s'il ne désavoue pas dans les trois jours le candidat, "en raison du caractère hérétique de sa doctrine". Henri Bonte, le directeur, répond par une fin de non-recevoir.

Le 12 janvier, le comité électoral de l'abbé l'encourageant à ne pas céder, il demande d'abord à ses amis de rester "irréprochables" et réaffirme sa certitude que l'on peut être à la fois un prêtre et un républicain sincère.

Le 15 janvier, un communiqué tombe, excommuniant M. Bonte. On y demande aussi au clergé de ne plus accorder l'absolution aux lecteurs du journal... c'est à dire que l'on exclut d'un seul coup près de 4000 chrétiens des sacrements !

Le 16 janvier, l'évêque, Mgr Charost, dans ce communiqué, soutient que "l'abbé a compromis plusieurs fois la cause catholique par des déclarations de principe trop inspirées de la Déclaration des droits de l'homme". Cela ne s'invente pas...

La Suspens est annoncée dans la presse le 17 janvier. L'abbé entre alors dans l'épreuve la plus douloureuse de son existence. Les brimades contre lui se succèdent : on lui refuse la communion dans sa paroisse puisqu'il est, paraît-il, "pêcheur public".

Et comme le dit son ami l'abbé Birot : "Alors, il se mêle aux fidèles, lui le maire de la commune, et ne peut recevoir les sacrements. Entre l'abandon d'un devoir public et une humiliation personnelle, il choisit l'humiliation. Il se soumet les larmes aux yeux, silencieusement, sans amertume ni rancoeur. Et jamais, peut-être, il n'a été plus grand que lorsque, au fond de l'église paroissiale, humblement agenouillé parmi les fidèles, son bréviaire à la main, il entend la messe qu'il ne peut plus célébrer."

Les brimades se multiplient encore : des prêtres refusent l'absolution à ceux qui continuent de lire "Le Cri des Flandres", et même à des gens malades, des bénévoles, des catéchistes.

De tous bords, les calomnies affluent. Loin d'ébranler les "Lemiristes", flamands malicieux mais têtus, les brimades ne font que confirmer leur détermination. Certains vont tout simplement se confesser à Saint-Omer (par exemple), "là où ce n'est pas un péché de lire Le Cri des Flandres". D'autres poussent la rouerie jusqu'à feindre de ne pas comprendre les instructions données au confessionnal : "votre devoir est de voter pour le candidat catholique", c'est à dire pour le candidat officiel de l'évêché, ancien président de la Jeunesse Catholique. Mais les Lemiristes, détournant le problème, en concluent in petto que le plus catholique de tous ne peut être que celui qui porte la soutane !

Durant la même semaine, au milieu de toute cette affaire, l'abbé a dû éviter un nouveau piège...

Figure-toi que le 13 janvier, jour de la rentrée parlementaire - et jour où l'on élit traditionnellement les vice-présidents -, l'abbé Lemire est élu au second tour, avec un score triomphal de près de 100 voix de plus que la majorité absolue ! Une très grande partie de la chambre a sans doute voulu lui témoigner sa sympathie durant les terribles moments qu'il traverse.

Tu penses bien que les réactions, dans la presse et la classe politique, n'ont guère tardé. Elles ont été très contrastées... La Lanterne n'a pas hésité à écrire : "La Chambre a voulu marquer pour la flétrir l'hypocrisie du parti clérical" et a même ajouté : "En acceptant l'honneur qui lui échoit, M. Lemire se met lui-même en dehors de l'Eglise. Il en sera chassé, et nous aurons le droit de montrer au pays que le catholicisme romain est bien, quoi qu'il en dise, l'ennemi irréductible de la liberté et de la République."

Le jeune Abel Ferry, député et héritier spirituel de son oncle Jules, affirme : "Si l'épiscopat avait la hauteur de vue, l'esprit de bonté et de tolérance de l'abbé Lemire, notre anticléricalisme n'aurait plus de raison d'être."

D'autres, pourtant nettement à gauche comme Jaurès, ont été défavorables à cette élection qu'ils interprètent comme une manifestation anticléricale avant tout : "Lemire ne peut briser la chaîne de trente années de sacerdoce sans qu'il se brise lui-même."

L'abbé, lui, pressent alors le piège et fait une réponse en deux temps :

Le 17 janvier, il fait reconnaître par la questure le droit d'un prêtre à siéger en soutane au fauteuil présidentiel.

Mais il aurait pu alors, en exerçant cette fonction, mettre en difficulté l'Eglise de France, en l'opposant au suffrage des électeurs et de la majorité du Parlement. Il fait exactement le contraire, et il adresse, le 19 janvier, au président de l'Assemblée, une lettre d'une grande élévation :

"La Chambre m'a fait un grand honneur en affirmant sur mon nom le respect des droits de tout député français. Je ressentais, je l'avoue, quelque fierté à la pensée que mon passage au fauteuil de la présidence attesterait que la traditionnelle collaboration du clergé à la vie nationale se continue aujourd'hui par un dévouement sincère à la France et à la République (...) Mais dans la pénible circonstance que je traverse, je craindrais que cette magistrature pût paraître ne pas garder aux yeux de tous le caractère qu'elle doit avoir (...) Quant à moi, je remercie la Chambre d'un élan du coeur qui m'honore à jamais. Cela seul doit rester. Je donne ma démission..."

Et ainsi, subtilement comme à son habitude, il évite un véritable traquenard : il refuse d'être utilisé comme un défi porté à l'Eglise mais, au contraire, fait faire une avancée à la reconnaissance des droits civils du clergé. C'est réellement un homme hors du commun....

J'arrête là le récit de ces événements qui méritent réflexion. Embrassez Mère et mes frères pour moi.

Louis.

Le 26 avril suivant, aux élections législatives malgré tous les mensonges proférés à son égard, il "passe" dès le premier tour avec 49% des inscrits, et avec plus de treize points d'avance sur son concurrent immédiat...

Il sera réhabilité par le pape en 1916. Il consacrera alors toute son énergie, après la guerre, à relever les ruines de sa ville, Hazebrouck, presque rasée par les Allemands.

d'après "La charrue et l'étoile" de André DILIGENT

Les jardins ouvriers

L'abbé Lemire fut, avant la lettre, un ancêtre du courant écologique, autant qu'un farouche défenseur de la justice sociale.

Marguerite Yourcenar, dont le père fût un fidèle ami de l'abbé, se rappelle dans Quoi ? L'Eternité, "comment ces bigots de la région s'acharnaient sur cette espèce de saint" et témoigne de son refus des clichés politiques et parlementaires "avec lesquels il a évité le plus possible de jongler toute sa vie" et qui n'ont "jamais altéré sa lucidité".

Elle se souvient aussi de ces jardins ouvriers, détestés, dit-elle, d'un certain patronat, "qui n'ont pas pour seul but d'offrir au salarié des villes un peu plus d'air pur, une aide alimentaire contre la cherté de la vie, mais une sorte de réhabilitation par le contact avec le sol".

L'abbé se bat pour que, là où cela est nécessaire, "l'on défriche, l'on reboise, l'on irrigue". Il soutient qu'il n'est pas seulement "le député des hommes, mais aussi celui des champs, des chevaux et de tous les produits de la terre". Il rêve pour tous de "ce coin de terre, petit jardin sous la tonnelle, minimum de terre pour circuler, de lumière pour s'épanouir, de bon air pour respirer dont chaque famille a besoin".

En créant ces jardins ouvriers, l'abbé Lemire veut permettre aux ouvriers et à leurs familles de s'évader quelques heures des taudis insalubres qu'ils habitent trop souvent, de se responsabiliser, d'être plus autonomes moralement et financièrement par rapport à l'usine où ils ne sont souvent que des matricules, de retrouver l'épanouissement dans un meilleur équilibre physique et moral. Ainsi témoigne une femme heureuse : "notre loyer a été payé deux fois : une première fois avec la vente des légumes produits... et une seconde avec tous les petits verres que mon mari n'a pas bu..."

Mais l'abbé, comme à son habitude, va plus loin encore : il rattache le rôle social des jardins à la défense du bien de famille. Il se bat pour offrir à chaque famille une maison, qu'il appelle le "vêtement de pierre" du foyer, et les quelques ares nécessaires à son enracinement : "les hommes qui n'ont ni feu, ni lieu d'attache à la profession, ni lien au sol, arrivent plus facilement que d'autres à n'avoir ni foi ni loi".

A chaque occasion, il prend la défense de la petite propriété, "ce minimum de bien", car il y voit une garantie de lindépendance du citoyen.

d'après "La charrue et l'étoile" de André DILIGENT

13 octobre 2005

Une activité prodigieuse

L'abbé Lemire a mené tout au long de sa vie politique un long combat pour la justice sociale, sur le thème "On n'a pas besoin de collectivisme pour comprendre, soutenir et revendiquer les droits des travailleurs."

Ne se souciant pas du clivage droite-gauche, il est applaudit par la gauche lorsqu'il défend des théories sociales avancées, et par la droite quand il défend les droits des catholiques et de la famille. L'un de ses opposants, Aristide Briand, dira de lui :"M. Lemire est un collègue pour lequel je professe une estime toute particulière pour sa bonne foi, pour la loyauté de son caractère, et pour la bonté évidente de son coeur. Si dans le monde catholique, dans le clergé, il y avait eu une majorité de français comme lui, l'Eglise catholique ne serait pas acculée à une aussi triste situation."

Son travail législatif et ses interventions ont concerné tous les grands débats relatifs aux questions familiales et sociales, à la question religieuse, aux institutions : repos hebdomadaire, travail des enfants, des filles mineures et des femmes en couches, accident du travail, retraite ouvrière, travail de nuit, assistance médicale gratuite, accession à la propriété, protection du bien de famille insaisissable, crédit immobilier, liberté d'association, séparation de l'Eglise et de l'Etat, défense des congrégations religieuses...

d'après "La charrue et l'étoile" de André DILIGENT

06 octobre 2005

Un attentat... spectaculaire !

Alors qu'il pensait faire une entrée discrète à la chambre des députés, quelques semaines seulement après son élection, un événement va impressionner la France entière...

Voici l'événement raconté à son père par un jeune journaliste :

Cher Père,

Le stage de journalisme que j'effectue me donne infiniment de satisfactions et me permet de suivre l'actualité au jour le jour.

Il faut d'ailleurs que je vous raconte les derniers événements que j'ai vécus. L'abbé Lemire m'a invité la semaine dernière à assister à une séance de la Chambre, et j'ai immédiatement accepté, tu t'en doutes.

Je suis placé au deuxième étage. il est 16 heures à peine. M. Mirman, un jeune professeur de lycée fraîchement élu finit de répondre à la demande d'invalidation dont il est l'objet. Il descend de la tribune.

Tout à coup, à quelques pas de moi, un homme se dresse, le regard fiévreux. Il lance un paquet dans l'hémicycle. J'entends un bruit assourdissant. C'est une bombe qui éclate. Des cris d'effroi jaillissent de toutes parts. C'est la panique générale, un vrai chaos en quelques secondes !

J'essaie de reprendre mes esprits. Je me penche et je vois l'abbé Lemire affalé sur son pupitre. Sa tête est en sang. Déjà le bruit court qu'il est mort. Je sors dans les couloirs immédiatement. J'assiste alors à une véritable chasse à l'homme. On arrête devant mes yeux l'anarchiste. C'est un certain Vaillant. Il explique qu'il est venu au Palais Bourbon pour punir l'Assemblée, parce qu'elle a rejeté le projet d'amnistie concernant les "Boulangistes" et les mineurs du Pas-de-Calais. Et il s'écrie : "J'aurais bien voulu en faire une fricassée de ces députés !"

On emmène le blessé sur un matelas. Il est évanoui et sa tête ballote à chaque pas des porteurs. Mais la blessure, pour impressionnate qu'elle soit, n'est finalement qu'un profonde entaille. On le dépose dans une des salles de commission. Il reprend ses esprits. Des voitures d'ambulance ont été demandées. Dans l'une d'elles, on installe l'abbé Lemire. Mgr d'Hulst, député du Finistère, prend place à ses côtés.

Quelques jours plus tard, je suis retourné à l'Assemblée et j'ai rencontré Mgr d'Hulst. Il me donne des nouvelles apaisantes et me raconte ce mot superbe, à la fois naïf, drôle et ironique qu'a eu l'abbé Lemire quand on lui a retracé les propos de Vaillant : "Et pourtant, je l'avais votée cette amnistie !"

Incroyable, non ? cet homme est vraiment très étonnant.

Mais il me faut vous laisser pour me remettre au travail. Je vous donnerai prochainement de mes nouvelles.

Avec ma profonde affection, votre fils, Louis.

d'après "La charrue et l'étoile" de André DILIGENT

L'abbé Lemire ou "la soutane la plus populaire de France"

 

On parle encore souvent de l'abbé Lemire dans la famille centriste. C'est un homme d'exception et son histoire se confond souvent avec celle de la Démocratie chrétienne, jursqu'en 1927.

Rien, dans son enfance, ne semblait le prédestiner à "faire carrière" en politique.

Né en 1853 dans une petite ferme de Flandre, sa famille appartient à la classe moyenne des paysans. Sa mère étant décédée alors qu'il avait huit ans, il est confié à deux tantes. Pieuses et généreuses, elles n'hésitent jamais à accueillir à leur table des ouvriers agricoles de passage - sortes d'ancêtres des sasns-abris -, à la recherche d'un travail. Ce cnotact avec les plus humbles va sans doute marquer à jamais le jeune Lemire.

Il fait ses études au collège d'Hazebrouck puis au grand séminaire de Cambrai. Il revient au collège mais cette fois comme professeur. Dès cette époque, il écrit "J'aime beaucoup mon pays ; les progrès et les inventions modernes, loin de m'effrayer, m'attirent. Suis-je destiné à devenir l'un des prêtres qui travaillent à réconcilier l'Eglise et la société moderne ?" Cette dernière phrase semble résumer toute sa vie...

C'est à 40 qu'il est élu député puis réélu sans interruption durant 35 ans. Le Dictionnaire des Parlementaires indique de lui qu'il se livrait à une "activité prodigieuse".

Robert Cornilleau dira de lui : "Ce collègue aimable, causeur charmant, en qui l'on retrouvait toute la bonhomie flamande, la finesse de l'ancien professeur de rhétorique, l'érudition du prêtre instruit. On aimait son éloquence, bien personnelle, sans éclats, mais solide et révélant des lettres, avec un savoureux mélange d'onction écclésiastique, de cordialité aternelle, de naïveté non toujours exempte de malice."

d'après "La charrue et l'étoile" de André DILIGENT