15 octobre 2005

Les jardins ouvriers

L'abbé Lemire fut, avant la lettre, un ancêtre du courant écologique, autant qu'un farouche défenseur de la justice sociale.

Marguerite Yourcenar, dont le père fût un fidèle ami de l'abbé, se rappelle dans Quoi ? L'Eternité, "comment ces bigots de la région s'acharnaient sur cette espèce de saint" et témoigne de son refus des clichés politiques et parlementaires "avec lesquels il a évité le plus possible de jongler toute sa vie" et qui n'ont "jamais altéré sa lucidité".

Elle se souvient aussi de ces jardins ouvriers, détestés, dit-elle, d'un certain patronat, "qui n'ont pas pour seul but d'offrir au salarié des villes un peu plus d'air pur, une aide alimentaire contre la cherté de la vie, mais une sorte de réhabilitation par le contact avec le sol".

L'abbé se bat pour que, là où cela est nécessaire, "l'on défriche, l'on reboise, l'on irrigue". Il soutient qu'il n'est pas seulement "le député des hommes, mais aussi celui des champs, des chevaux et de tous les produits de la terre". Il rêve pour tous de "ce coin de terre, petit jardin sous la tonnelle, minimum de terre pour circuler, de lumière pour s'épanouir, de bon air pour respirer dont chaque famille a besoin".

En créant ces jardins ouvriers, l'abbé Lemire veut permettre aux ouvriers et à leurs familles de s'évader quelques heures des taudis insalubres qu'ils habitent trop souvent, de se responsabiliser, d'être plus autonomes moralement et financièrement par rapport à l'usine où ils ne sont souvent que des matricules, de retrouver l'épanouissement dans un meilleur équilibre physique et moral. Ainsi témoigne une femme heureuse : "notre loyer a été payé deux fois : une première fois avec la vente des légumes produits... et une seconde avec tous les petits verres que mon mari n'a pas bu..."

Mais l'abbé, comme à son habitude, va plus loin encore : il rattache le rôle social des jardins à la défense du bien de famille. Il se bat pour offrir à chaque famille une maison, qu'il appelle le "vêtement de pierre" du foyer, et les quelques ares nécessaires à son enracinement : "les hommes qui n'ont ni feu, ni lieu d'attache à la profession, ni lien au sol, arrivent plus facilement que d'autres à n'avoir ni foi ni loi".

A chaque occasion, il prend la défense de la petite propriété, "ce minimum de bien", car il y voit une garantie de lindépendance du citoyen.

d'après "La charrue et l'étoile" de André DILIGENT

13 octobre 2005

Une activité prodigieuse

L'abbé Lemire a mené tout au long de sa vie politique un long combat pour la justice sociale, sur le thème "On n'a pas besoin de collectivisme pour comprendre, soutenir et revendiquer les droits des travailleurs."

Ne se souciant pas du clivage droite-gauche, il est applaudit par la gauche lorsqu'il défend des théories sociales avancées, et par la droite quand il défend les droits des catholiques et de la famille. L'un de ses opposants, Aristide Briand, dira de lui :"M. Lemire est un collègue pour lequel je professe une estime toute particulière pour sa bonne foi, pour la loyauté de son caractère, et pour la bonté évidente de son coeur. Si dans le monde catholique, dans le clergé, il y avait eu une majorité de français comme lui, l'Eglise catholique ne serait pas acculée à une aussi triste situation."

Son travail législatif et ses interventions ont concerné tous les grands débats relatifs aux questions familiales et sociales, à la question religieuse, aux institutions : repos hebdomadaire, travail des enfants, des filles mineures et des femmes en couches, accident du travail, retraite ouvrière, travail de nuit, assistance médicale gratuite, accession à la propriété, protection du bien de famille insaisissable, crédit immobilier, liberté d'association, séparation de l'Eglise et de l'Etat, défense des congrégations religieuses...

d'après "La charrue et l'étoile" de André DILIGENT

07 octobre 2005

Le CLIC du secteur 2 en panne !

Le 6 Octobre, Dominique HALLYNCK a écrit au vice-président aux Personnes Agées du Conseil Général du Nord, Fabien THIEME, afin de l'interpeller au sujet de la création du Centre Local d'Information et de Coordination pour les personnes âgées en Flandre Intérieure :

Monsieur le Vice-Président, Cher Collègue,

La concertation gérontologique sur le secteur 2, en Flandre Intérieure, a été l’une des premières à débuter dans notre département. Portée par le Centre Hospitalier de Bailleul, son directeur a sollicité la responsable de la mission « Personnes Agées » du pôle développement par courrier du 2 janvier 2002 pour envisager la phase opérationnelle avec la constitution du Centre Local d'Information et de Coordination.

Certains de mes collègues de ce secteur et moi même sommes intervenus lors de réunions de la commission Solidarité-Santé sans jamais obtenir de réponses claires quant à l’avancement de ce dossier ou sur la nature du blocage rencontré.

C'est un peu par hasard que j'ai appris, au printemps dernier, un changement de porteur de projet, à savoir l'EPSM des Flandres au lieu du Centre Hospitalier de Bailleul. Dont Acte. Toutefois depuis, et malgré une intervention en séance plénière le 13 mai dernier, qui suivait une première intervention en plénière le 15 novembre 2004, afin d'obtenir des informations sur l'avancement du dossier, nous sommes toujours maintenus dans la même ignorance.

C'est pourquoi je vous sollicite, monsieur le Vice-Président, afin d'organiser au plus tôt, sous votre autorité, une réunion avec le porteur de projet et l'ensemble des conseillers généraux du secteur 2 pour faire un point complet sur la situation actuelle et l'avancement du dossier. Cela va bientôt faire 4 ans que nous aurions pu avoir un CLIC opérationnel. Les personnes âgées de Flandre Intérieure et leur entourage ont besoin de ce lieu d'écoute et d'information, de pouvoir être orientées vers le service adéquat, bref d'accéder à l'ensemble de leurs droits et trouver des réponses concrètes et de proximité adaptées à leur situation.

En vous remerciant à l'avance pour votre implication personnelle dans ce dossier, recevez, Monsieur le Vice-Président, mes sincères salutations.